Comme d’habitude (air connu)

Ainsi va la vie. On s’habitue. L’été est passé, a gommé un peu du stress du printemps confiné. Mais les habitudes sont tenaces, ancrées en nous comme ces mauvaises graines qui poussent dans les champs et obligent à de coûteux travaux pour ne pas obérer la qualité des récoltes. On vous a vus, pendant le confinement, vous ruer sur les circuits courts. Parce que c’était rassurant. Vous n’aviez plus à aller au supermarché ou à l’hypermarché, vous étiez confinés, repliés de force sur vous-même, contraints de regarder sur votre palier, dans votre kilomètre autorisé. Et vous avez découvert des tas de choses que vous n’aperceviez même pas alors que vous vous rendiez au supermarché.

Vous avez découvert que tout près de chez vous il pouvait y avoir des productions agricoles, qu’elles étaient accessibles, géographiquement et financièrement, ne mentez pas, cela a égayé votre enfermement, cela a amené un peu de joie dans ce quotidien brimé. Bon, vous aviez du temps peut-être. En télétravail on s’économise le temps de transport, à moins de vivre dans un château aux mille pièces Bon, sachez-le aussi, des escrocs ont profité de la situation et vous ont vendu parfois des produits d’ici qui étaient en fait de là-bas. Mais qu’avez vous fait depuis ? Vous avez repris vos habitudes. Même Michel-Edouard Leclerc le clame, son enseigne a gagné des dizaines de milliers de clients depuis le début de l’année.

Vous avez pris votre masque, votre gel hydroalcoolique et vous êtes retournés au supermarché pousser votre caddie. Vous ne voyez plus ces commerces de proximité, ces producteurs locaux, tout est tellement plus simple à la grande surface. À votre décharge, vous n’avez plus le temps, la vie a repris presque comme avant.

Et vous vous contentez de nouveau des fruits et légumes de grande consommation, qui arrivent par palettes entières, parfaitement calibrés, à la peau pareillement brillante, au goût parfois incertain, souvent très léger pour ne pas dire fade. Et surtout, sans l’âme du producteur qui l’a fait pousser. Alors bien sûr, le grand soir n’est pas pour demain, mais vous auriez pu résister un peu plus longtemps aux sirènes habituelles. On recommence le chemin à l’envers ?

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