Comme on se retrouve !

Bon, les affres de la crise du Covid-19 se font moins pesantes et ceux qui croyaient en l’avènement d’un monde nouveau en seront pour leurs frais. Pourquoi dis-je cela ? Parce que dès que la pression retombe, les vieilles habitudes reviennent. Et chaque jours les produits locaux cèdent de nouveau la place sur les étals aux produits venus d’ailleurs, d’autres régions ou d’autres pays. Vous n’êtes pas raisonnables ! Il vous faut protester ! 

Mais cela m’amène aussi à réfléchir. Si les produits viennent d’ailleurs, c’est souvent qu’ils sont moins cher que ceux qu’il est possible de trouver localement. Ou aussi parce que les flux sont plus réguliers et assurés. Il y a toujours une bonne raison en fait. 

Et c’est ce qui rend illusoire les velléités de certains qui prennent prétexte de cette crise pour réclamer le démantèlement de l’existant et la complète relocalisation des productions sur de petites exploitations alentours. L’idée est belle pourtant, un monde d’urbains (plus de 75 % de la population française) qui serait ravitaillé en vélo par des paysans locaux cultivant de grands jardins en permaculture à la de bouse de corne. Oui, je force un peu le trait. L’idée est belle mais c’est un fantasme ! 

Fantasme parce qu’on ne peut pas produire de tout partout. Essayez de produire des pêches à Lille, ou des endives dans la garrigue montpelliéraine. 

Fantasme parce que les vocations d’agriculteurs se font rares. Même dans la voie royale de la succession familiale les flux se tarissent. Et ça se comprend ! 

Le métier est difficile physiquement, réclame d’être très bien formé, réclame des investissements, de ne pas compter ses heures, d’oublier l’idée des cinq semaines de congés payés, il implique de prendre des risques, d’accepter les caprices parfois violents de la nature. 

Sans oublier le mépris de la société et des revenus ridicules au regard du temps passé, quand il y a revenu.

Bref.

Ah au fait, on nous dit que la crise que nous vivons implique un changement de système alimentaire. Mais a-t-il été pris en défaut ? Avons-nous eu faim faute de produits ces trois derniers mois ?

Non. Alors manger local oui, il faut le faire, avec les produits disponibles, mais pas au prix d’en pas en faire un dogme destructeur.

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