Le paradoxe du pangolin

Avec une petite pointe d’ironie, le dernier post publié sur ce blog, il y a quelques mois déjà, parlait de Paris et de sa volonté d’acheter un bout de campagne pour produire des fruits et légumes bios pour ses cantines. Nous étions en pleine campagne municipale, depuis, le monde a trébuché, fortement et nous voilà le nez au milieu du ruisseau.

Une pandémie de cette ordre, même si elle se révèle moins meurtrière que d’autres déjà gravées dans l’histoire, va laisser une trace importante dans nos vies. Parce que le confinement qui en résulte vient bousculer notre liberté de circuler et donc la plupart de nos habitudes. La crise nous enferme chez nous avec les réserves déraisonnables que nous avons stockées qui font que notre régime ne change guère encore. Mais bien malin qui peut dire ce qu’il en sera dans 15 jours. Ou dans un mois si les mesures de confinement sont prolongées. Parce qu’au final, le pangolin zéro de Wuhan nous oblige à repenser notre rapport au monde.

Alors imaginons un peu et posons-nous des questions.

Si la situation doit perdurer, est-on sûr que l’industrie agroalimentaire parviendra à surmonter le casse-tête organisationnel qu’elle vit aujourd’hui ?

Sera-t-elle toujours en mesure de servir la grande distribution en plats préparés ou semi-préparés qui se sont imposés dans nos régimes urbains et trop occupés par ailleurs pour consacrer plus de temps à l’alimentation ?

La grande distribution elle même sera-t-elle en mesure de continuer à nous approvisionner ? 

Jusqu’ici, notre système alimentaire a fait preuve d’une grande robustesse, parvenant à encaisser la folie de ces derniers jours et la ruée dans les magasins. Et ce n’est pas tant la capacité à produire des agriculteurs qui est en cause, ils sont sur le pont, que le grippage de la logistique qui nous guette.

Alors si nous profitions pour envisager les choses autrement ? 

Par exemple en privilégiant les circuits courts, directement auprès des producteurs par exemple. 

On peut fouiner sur internet pour découvrir tous ces producteurs non loin de chez vous que vous n’aviez même pas aperçus.

On met l’attestation dans sa poche et on y va. Il y aura peut-être moins de file d’attente que dans les supermarchés ? 

Et cela permettra de faire aussi un peu de trésorerie pour les producteurs autour de vous qui ont déjà perdu une partie de leur clientèle.

Chiche ? Vous nous dîtes ce que vous avez trouvé en commentaires ?

  1. Merci Loïc pour ce joli billet.
    Pour l’instant moi je suis triste car le producteur qui vient chaque jeudi de l’Orléanais jusqu’à la gare RER de ma commune, ne peut plus venir.
    Outre leur gentillesse, je regrette la qualité de leurs produits… J’espère trouver une autre possibilité en attendant leur retour. Bises depuis l’île de France. Odile

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