Paris veut acheter la campagne

La belle affaire ! La campagne pour les élections municipales à Paris va finir par faire de l’ombre au fameux Concours Lépine ! Imaginez-vous, dans le camp d’Anne Hidalgo, ça phosphore tellement qu’ils viennent d’avoir une idée magique. Acheter des terres alentour de Paris et créer une coopérative pour nourrir la capitale… Attendez donc avant de vous étrangler, ce n’est pas terminé ! L’équipe de campagne a imaginé « exploiter dès l’an prochain 250 hectares pour produire de quoi servir en circuits courts les 30 millions de repas annuels (dont 22 millions dans les écoles) sur la base d’un nouveau partenariat entre la ville et les agriculteurs » raconte le parisien.

Sur les résosocios les esprits chagrins (agriculteurs) ont calculé à la hache que pour nourrir tous les parisiens intra-muros il faudrait mettre en culture 460 000 hectares, pour du conventionnel, soit une facture au prix du marché de plus de 4 milliards d’euros. Si l’on s’en tient aux 250 hectares évoqués pour créer la coopérative « Des champs à l’assiette », la facture des terres s’élève déjà à plus de 2 millions d’euros… Juste pour le foncier. D’autres encore ont travaillé les chiffres plus précisément et parviennent à calculer que les 250 hectares ne serviront pas à grand-chose puisqu’il faudrait en fait 10 000 hectares pour satisfaire les objectifs de l’équipe de campagne d’Anne Hidalgo. Bref c’est de la com’. Mais cette annonce nous en dit beaucoup sur la façon dont le monde urbain considère le monde rural et l’agriculture.


L’idée en soi séduira les consommateurs urbains angoissés à l’idée même de manger (rassurez-vous, même vivre tue) en leur donnant l’impression de mieux contrôler leur alimentation. Mais surtout elle est pour moi le dernier avatar du mouvement en cours qui voit le monde urbain accentuer son effort de prise de contrôle sur le monde rural et agricole. Lui qui fait de la ruralité un espace de loisirs et de repos que nul coq ne doit venir troubler et exige de l’agriculture qu’elle se soumette à ses fantasmes.

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