Dis-moi dans quel steak tu croques !

Les consommateurs de viande auront bientôt le choix entre plusieurs catégories de produits dans la famille « produits carnés ». Jusqu’ici, nous connaissions la viande issue d’animaux élevés puis abattus. Mais avec l’avancée de la technologie, nous voici face à deux nouvelles sortes de produits présentés comme pouvant changer le monde, à tel point que de débats existent même sur leur dénomination.

Vegétarien goût viande

Le premier c’est le Canada Dry du steak, le burger végétal. Vous me direz il y a longtemps qu’on fait du steak avec du soja. Certes, mais jusqu’ici, ces steaks végétaux n’avaient pas grand chose à voir avec un steak. Aux États-Unis, plusieurs sociétés ont mis au point des steaks hachés végétaux au goût de viande mais… sans viande. Impossible Food1 vient de nouer un partenariat avec Burger King, son principal concurrent, Beyond Meat2, est lui entré au Nasdaq en levant près de 180 millions de dollars pour une valorisation boursière estimée aujourd’hui à 3,8 milliards de dollars…

Plus indus tu meurs…

Le deuxième c’est la viande de labo3. Là nous n’en sommes pas encore au stade de la production mais cela ne saurait tarder. Les plus entreprises les plus avancées promettent les premiers produits commerciaux dans deux ou trois ans et les start-up s’activent en Europe, en Israël et aux États-Unis. Mais qu’est ce donc que la viande de labo ? En fait, il s’agit de viande de culture, obtenue à partie de cellules d’animaux vivants qui sont prélevées puis mises en multiplication. C’est un processus in vitro au bilan carbone encore mal évalué.

Réponse à la demande

Ces deux développements de l’industrie répondent naturellement aux préoccupations de notre temps4. La première, c’est la prise en compte des conditions de vie et d’abattage des animaux d’élevage qui soucient de plus en plus de consommateurs. La deuxième c’est la dimension changement climatique avec le poids important – même si non-majoritaire dans les émissions de gaz à effets de serre – que pèse l’élevage dans le monde entier sur l’environnement. La troisième c’est la question de la santé (dans les pays occidentaux) avec l’importance de la surconsommation de produits carnés dans le développement de cancers.

Questions.

Les industriels tentent donc de surfer sur ces préoccupations et leurs conséquences avec le développement du végétarisme, voire du veganisme pour accaparer des parts de marchés semblables, pour l’heure, à une poule aux œufs d’or. Mais derrière tout ceci, ces produits de viande qui ne sont pas de la viande seront-ils adoubés par les consommateurs vegans ou végétariens ? Ou ne seront-ils que l’outil des consommateurs qui se trouvent aujourd’hui confrontées à un paradoxe fondamental : Avoir de l’empathie pour les animaux mais aussi les aimer une fois dans son assiette ?

Et vous, vous en pensez quoi ? Vous avez trois heures ! Commentaires bienvenus.


  1. https://larevuedestransitions.fr/2019/05/23/impossible-food-les-burgers-vegan-pourraient-dominer-le-marche-americain-du-fast-food/
  2. http://www.lefigaro.fr/societes/les-steaks-vegan-de-beyond-meat-affolent-les-compteurs-de-wall-street-20190505
  3. https://www.youtube.com/watch?v=QO9SS1NS6MM
  4. https://theconversation.com/cultured-meat-seems-gross-its-much-better-than-animal-agriculture-109706
  1. Moi aussi je veux être musclée sans faire de sport ni me fatiguer.
    Pffff….to eat or not to eat 🥩, that’s the question ? Ok. So if you don’t like it or don’t want te eat it makes a clean and precise choice without substitutes !!
    Vive le pays des bisounours

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